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31 août 2018Auteure : Julie Chaumont

Livres de la semaine

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre

Dans cette chronique, on vous présente généralement des nouveautés; des livres récemment publiés ou d’autres, bientôt disponibles en librairie. Or, cette fois-ci, je n’ai pas pu m’empêcher de remonter le temps et de partager avec vous mon plus récent coup de cœur: le roman Au revoir là-haut, signé Pierre Lemaitre et paru en 2013 aux éditions Albin Michel.

Cet été, ma voisine était allongée au soleil, livre à la main. Sa lecture avait l’air passionnante. Lorsque je lui ai demandé ce qu’elle lisait, elle m’a répondu Robe de mariée de Pierre Lemaitre. Pierre Lemaitre… ce nom me disait bien quelque chose, mais j’avoue que je n’en avais jamais lu. Enthousiaste, ma voisine me raconte que le premier roman de Lemaitre qu’elle a lu était Au revoir là-haut et que je devais absolument le lire si ce n’était pas déjà fait. Les étoiles dans ses yeux m’ont convaincue et, coup de chance, le roman était disponible à ma bibliothèque de quartier.

Lorsque j’ai lu la quatrième de couverture de Au revoir là-haut, je n’étais pas du tout convaincue. En fait, j’étais plutôt convaincue que je n’aimerais pas ça.

«Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu.
Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.
»

«Fresque d’une rare cruauté», «grande tragédie»… En pleine canicule, ces mots ne me parlaient pas du tout. J’ai revu les étoiles dans les yeux de ma voisine, lorsqu’elle me parlait de ce roman qu’elle avait dévoré, et me suis résignée à commencer ma lecture. J’ai immédiatement embarqué dans cette histoire à la fois tragique et loufoque. Pas surprenant que son auteur ait remporté le prix Goncourt pour ce roman!

Les descriptions des lieux, des personnages nous font vivre l’histoire d’Édouard et d’Albert comme si on y était. On est là, dans les tranchées, dans ce trou d’obus, dans cet hôpital de guerre, dans cet appartement sombre et minuscule, dans cette suite luxueuse. On le voit si bien, cet Albert Maillard, maigrichon et anxieux, les mains moites, le pantalon mouillé. On s’attache, non sans dégoût, à cet Édouard qui a un trou en plein visage et dont l’excentricité et le génie explosent à coups de morphine et d’héroïne.

Je ne vous en dis pas plus sur ce roman car, si vous ne l’avez pas lu, vous en dire plus sur les événements ruinerait votre plaisir de le lire. La bonne nouvelle pour ceux qui l’ont déjà lu: Pierre Lemaitre désire faire de cette histoire une trilogie. Le deuxième volet, Les couleurs de l’incendie, est d’ailleurs sorti début 2018 et figurait dans les suggestions de lecture de notre chroniqueuse Claudia Larochelle.

Bonne lecture!

P.-S. – Un film inspiré du roman de Lemaitre est sorti en 2017. En voici la bande-annonce:

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre. Éditions Albin Michel, 2013. 576 pages.

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