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18 août 2017Auteure : Françoise Genest

Le livre du week-end

L’âme des horloges de David Mitchell

Paru au printemps dernier, le dernier roman de David Mitchell a été salué par la critique et si vous avez aimé son roman Cartographie des nuages, qui en a fait un auteur à succès, vous dévorerez sans doute les 784 pages de L’âme des horloges. Pas facile de situer cette œuvre qui tient à la fois du roman de science-fiction, de la fresque sociopolitique, du pamphlet environnemental et de la saga. L’écriture hyper réaliste et détaillée de Mitchell confère à l’ouvrage de fiction un réalisme troublant.

Cette histoire haletante suit le parcours de vie aussi surréel que chaotique de Holly Sykes, depuis sa fugue en 1984 à Gravesend jusqu’à la côte Atlantique d’Irlande en 2043 en passant par Toronto en 2025… Dotée de pouvoirs surnaturels dont elle ne sait trop quoi faire, Holly entend les voix de femmes venues de réalités étranges et tente d’en comprendre le sens. En six décennies et cinq narrateurs, l’auteur nous entraîne dans un roman au rythme quasi essoufflant sur fond de catastrophes écologiques, de projections futuristes, d’actualités politiques et de quête d’identité.

Je grimace. Je retire l’intégralité de mes actifs de la Banque du Plancher et effectue immédiatement un dépôt de la liasse de billets dans la pochette de mon passeport, que je glisse à l’intérieur de ma veste de ski en méditant sur ce fait: bien que les riches ne soient pas davantage susceptibles de naître idiots que les pauvres, une éducation bourgeoise aggrave une idiotie innée tandis qu’une enfance misérable la dilue, ne serait-ce que pour des raisons darwiniennes. C’est pourquoi, par précaution, les élites doivent ériger des barrières en la forme d’écoles publiques merdiques, de peur que les gosses intelligents aux codes postaux prolétariens ne les délogent de l’Enclave du Prestige.

Et tout cela débute avec une simple rencontre et une tasse de thé…

Pour les lecteurs qui aiment être déstabilisés et tenus en haleine, Mitchell signe ici un roman fantastique captivant.

 

David Mitchell, né en 1969 en Angleterre, a vécu en Italie, au Japon, et habite aujourd’hui l’Irlande. Auteur chouchou des Britanniques, il a été deux fois finaliste au prestigieux Man Booker. Les critiques saluent son œuvre atypique. Ses ouvrages Écrits fantômes (2004), Cartographie des nuages (2005), Le fond des forêts (2009) et Les mille automnes de Jacob de Zoet (2012) en ont fait un écrivain de réputation internationale.

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L’âme des horloges, David Mitchell, Éditions Alto, 2017, 784 pages, 34,95$.

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