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1 septembre 2017Auteure : Françoise Genest

Le livre du week-end

Crimes au musée,18 nouvelles et 18 écrivaines

Et si les musées étaient non seulement des lieux d’histoire, d’art et de connaissances, mais aussi des scènes de crimes, des décors inquiétants où surviennent des actes machiavéliques, des vols, des meurtres et autres violences humaines? C’est la trame de fonds qu’a proposée Richard Migneault à 18 écrivaines du Québec et d’outre Atlantique. Résultat: Crimes au musée, un recueil de 18 nouvelles et un défi brillamment relevé.

Plusieurs titres m’ont particulièrement plu. Ma préférée? Il faut savoir se salir les mains, que signe Claudia Larochelle, animatrice de Lire, auteure et journaliste. Un parti pris parce que Claudia signe sur avenues.ca? Non, tout simplement un coup de cœur pour la finesse de l’histoire, les descriptions extrêmement sensuelles, l’atmosphère de la nouvelle dont la chute est tout aussi fine.

Le ton, le style des nouvelles est tout aussi varié que le parcours des 18 auteures. Toutes ces romancières viennent d'univers très différents, ancienne psychologue, comme Ingrid Desjour ou journaliste, comme Catherine Lafrance qui signe Le Christ couronné d’épines, une enquête journalistique aux personnages attachants.

Un recueil entièrement féminin, donc, sous la direction de Richard Migneault, qui a déjà à son actif  Crimes à la librairie (16 nouvelles) et Crimes à la bibliothèque (17 nouvelles). Pour ces deux premiers titres, les auteurs étaient tous québécois et on y retrouvait autant d'hommes que de femmes. Pourquoi réunir uniquement des femmes venant des deux côtés de l’Atlantique cette fois?

« Je souhaitais créer des ponts entre la France et le Québec, ouvrir des portes et un nouveau lectorat pour des auteures québécoises. Le fait que le livre réunisse des auteures françaises et québécoises permettait cela, puisque le livre est édité à la fois, ici, chez Druide et en France chez Belfond. »

Mais ça ne s’arrête pas là, Richard Migneault souhaitait également soutenir les écrivaines. «Un geste féministe, une prise de position », précise-t-il.  Y a-t-il un polar féminin? «Elles livrent des polars avec les mêmes codes et les mêmes trames, mais il y a nettement une façon différente d’aborder et d’interpréter, une sensibilité qui leur est propre et qui sert tout aussi bien le genre. »

Autre point à souligner : les biographies exhaustives de chacune des auteures en fin de nouvelle. Belle vitrine pour ces écrivaines qu'on retrouve ou qu'on découvre.

Richard Migneault,  directeur d’école à la retraite, se consacre à ses passions : la lecture, la littérature québécoise et le polar, un genre dont il se dit amoureux et dont il entretient ses lecteurs et autres passionnés sur son blogue Polar, noir et blanc.

Crimes au Musée, Nouvelles Éditions Druide, août 2017, 532 pages 24.95 $

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